Un road trip en Islande en hiver, c’est la promesse de cascades givrées, d’icebergs sur le sable noir et, avec un peu de chance, d’aurores boréales au-dessus de la route. Mais c’est aussi un voyage qui pardonne beaucoup moins les erreurs qu’en été.
Après avoir fait le tour de l’île sous la neige, voici les erreurs que nous avons vues (et parfois commises!), pour que votre road trip reste un souvenir magique, et pas une galère.
Cet avis est complètement indépendant, basé sur nos expériences. Nous avons visité la région de façon anonyme, en faisant nos propres choix, et en payant nos factures entièrement.
1. Sous-estimer le vent
On s’inquiète de la neige, du verglas… et on oublie le vrai patron de l’hiver islandais: le vent.
Les rafales arrivent sans prévenir, souvent juste après un virage ou en sortant d’un col, et peuvent faire dévier la voiture de sa trajectoire. Elles poussent aussi la neige sur la route, et des amas se forment en quelques minutes.
Le vent est aussi dangereux à l’arrêt: une portière ouverte d’un coup peut se tordre sur ses charnières. Garez-vous face au vent et tenez toujours la portière à deux mains. Ce type de dégât est l’un des plus fréquents en Islande et rarement couvert par l’assurance de base.
Et si une alerte orange ou rouge est annoncée, on ne négocie pas: on reste au chaud et on attend.
En savoir plus dans notre article sur la conduite en hiver.
2. Prendre la route sans vérifier les conditions
En hiver, la météo d’hier ne dit rien de la route d’aujourd’hui. Chaque matin, avant de démarrer, notre petit rituel:
- Umferdin pour les fermetures et l’état des routes
- vedur.is pour la météo et surtout les alertes vent (jaune, orange, rouge)
- Safetravel.is et l’application 112 Iceland, utiles en cas de souci
Et n’hésitez pas à demander l’avis du personnel de votre hôtel. Les Islandais connaissent leurs routes, et leur « je ne partirais pas aujourd’hui » vaut tous les sites internet.
3. Vouloir faire le tour de l’île en trop peu de jours
Sur la carte, la Route 1 a l’air raisonnable. En hiver, c’est une autre histoire: jours courts, routes plus lentes, arrêts photo partout… et une tempête qui peut vous bloquer une journée entière.
Pour faire le tour complet, comptez 7 jours au grand minimum, 10 jours pour être confortable. Avec moins de temps, concentrez-vous sur le Cercle d’Or, la côte sud et éventuellement Snaefellsnes.
Gardez toujours une journée de marge dans votre programme. Si tout se passe bien, ce sera une journée bonus pour une source chaude ou un glacier.
Inspirez-vous de nos itinéraires: une semaine ou 10 jours en Islande en hiver.
4. Oublier que la nuit tombe (très) tôt
En décembre et janvier, vous n’avez que 4 à 5 heures de vraie lumière. Si vous ne l’intégrez pas dans votre planning, vous finirez forcément par rouler de nuit, sur des routes rurales sans éclairage, où il devient difficile de juger les distances et l’état du bitume.
Notre astuce: faire la route à l’aube ou au crépuscule et garder les heures de plein jour pour les sites.
Et si vous pouvez choisir vos dates, fin février et début mars offrent un bien meilleur équilibre, avec 10 à 13 heures de jour. Voir nos articles sur l’Islande en février et en mars.
5. Louer la mauvaise voiture
La plus petite citadine du catalogue est tentante pour le budget… beaucoup moins quand le vent souffle. Les petites voitures tiennent moins bien la route.
Le 4×4 n’est pas obligatoire sur la Route 1, mais il apporte un vrai confort et une marge de sécurité. Les voitures sont normalement équipées de pneus neige, mais vérifiez-les au départ, puis chaque matin.
Notre premier réflexe est de comparer les offres sur DiscoverCars (grandes marques et quelques loueurs locaux), ou sur GuidetoIceland pour plus d’agences islandaises.
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Et lisez tous nos conseils pour louer une voiture en Islande.
6. Faire l’impasse sur les bonnes assurances
L’assurance de base incluse dans la location laisse souvent une franchise élevée, et exclut justement les dégâts les plus courants en Islande: gravillons sur le pare-brise, sable et cendres projetés par le vent, portières endommagées par une rafale.
Lisez bien les exclusions, et ne comptez pas aveuglément sur l’assurance de votre carte bancaire: vérifiez ce qu’elle couvre vraiment avant de partir.
Autre nouveauté à connaître: depuis le 1er janvier 2026, l’Islande facture l’usage des routes au kilomètre parcouru, y compris pour les voitures de location. Demandez à votre loueur comment c’est répercuté sur votre contrat.
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7. Rouler trop vite et freiner brusquement
Ce n’est pas le moment de tester vos talents de pilote. Les limitations sont déjà basses (90 km/h sur route goudronnée, 80 km/h sur gravier, 50 km/h en ville), et en hiver il faut souvent rouler en dessous.
Le piège principal est le verglas, surtout la glace noire, presque invisible. Elle se forme la nuit ou après la pluie, et elle est plus présente tôt le matin, avant que la circulation ne l’ait fait fondre.
Les bons réflexes: rythme lent et régulier, pas de coups de volant ni de freinages brusques, et des distances de sécurité largement augmentées. Sur la Route 1, vous pouvez passer d’un bitume sec à une fine couche de neige en quelques kilomètres. Soyez prêt à tout.
Et si la glace ou le vent s’intensifient, arrêtez-vous dans une station-service, prenez un café et attendez.
8. S’arrêter sur la route pour une photo
On vous comprend: tous les 2 kilomètres, un paysage vous supplie de le photographier. Mais s’arrêter sur la chaussée ou sur un bas-côté invisible sous la neige, c’est l’erreur classique, et l’une des plus dangereuses. Une voiture qui arrive derrière vous sur une plaque de verglas ne pourra pas freiner.
Attendez une aire de stationnement ou l’accès à un site. Les poteaux jaunes au bord de la route vous indiquent où s’arrête la chaussée: au-delà, c’est souvent le fossé.
ACTIVITÉS INOUBLIABLES EN Hiver
- Visiter une grotte de glace
- Randonnée sur un glacier
- Admirer les baleines (depuis Reykjavik, Husavik or Akureyri)
9. Oublier les ponts à une voie et les rennes
Même sur la Route 1, plusieurs ponts se réduisent à une seule voie. Des panneaux les annoncent bien en amont: ralentissez tôt et laissez passer le véhicule le plus proche du pont.
Pas de moutons en hiver, mais dans les fjords de l’Est, les rennes descendent des hautes terres et traversent régulièrement. Nous en avons croisé beaucoup! Dès que vous en voyez un près de la route, levez le pied.
Plus rare, un renard polaire peut aussi surgir, et avec son pelage blanc, il est presque invisible sur la neige.
10. S’aventurer loin des routes principales
Votre GPS propose un raccourci? Méfiance. En hiver, les routes F sont fermées et non entretenues (elles ouvrent en général de mi-juin à septembre). Les Highlands et une grande partie des Westfjords deviennent quasi inaccessibles.
Restez sur la Route 1 et les routes secondaires goudronnées qui mènent aux sites touristiques: elles sont déneigées régulièrement. Et rappelez-vous que la conduite hors piste est interdite partout en Islande.
Pour les sites moins connus, les chemins d’accès en gravier sont souvent recouverts de neige. Si ça ne vous semble pas praticable, renoncez: il y a toujours une autre merveille un peu plus loin.
Il est temps de réserver!
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11. Attendre la réserve pour faire le plein
En dehors des villes, les stations-service sont espacées, et beaucoup sont automatiques. Notre règle: on ne descend jamais sous la moitié du réservoir.
Autre piège: les pompes automatiques demandent une carte bancaire avec un code PIN à 4 chiffres. Si votre carte fait des siennes, achetez une carte prépayée dans une station avec personnel (N1, Olís, Orkan) pendant les heures d’ouverture.
Et vérifiez le type de carburant avant de remplir, les couleurs des pistolets ne sont pas forcément celles auxquelles vous êtes habitués.
12. Partir sans kit de secours dans la voiture
Rester bloqué quelques heures en attendant la déneigeuse, c’est rare… mais ça arrive. Et loin de tout, il vaut mieux être prêt. Dans notre coffre, il y a toujours:
- de l’eau et de quoi grignoter
- une lampe de poche
- un chargeur ou une batterie externe pour le téléphone
- des couvertures de survie: elles ne prennent pas de place et réchauffent très efficacement
- un petit kit de premiers secours
- En cas d’urgence, composez le 112.
13. Mal s’équiper pour sortir de la voiture
Un road trip, ce n’est pas que de la route. Entre deux trajets, vous marchez vers une cascade, sur une plage battue par le vent ou sur des parkings transformés en patinoires.
Adoptez le principe des trois couches (thermique, isolante, imperméable et coupe-vent), avec bonnet, gants imperméables et chaussures antidérapantes. Et surtout, n’oubliez pas les crampons à attacher aux chaussures: ils nous ont évité plus d’une chute, même dans les rues de Reykjavik!
Voir notre article complet sur ce qu’il faut emporter en Islande en hiver.
ACTIVITÉS INOUBLIABLES EN Hiver
- Visiter une grotte de glace
- Randonnée sur un glacier
- Admirer les baleines (depuis Reykjavik, Husavik or Akureyri)
14. Ne rien réserver à l’avance
Improviser au fil de la route, c’est charmant en été. En hiver, c’est risqué.
Les grottes de glace ne se visitent qu’avec un guide, de mi-novembre à début mars, et les créneaux partent vite. Voir notre article sur les grottes de glace ou directement les différentes options de tours.
Côté hébergement, tous les B&B et guesthouses ne sont pas ouverts en hiver, et dans certaines zones le choix est limité. Réservez vos étapes, idéalement avec annulation gratuite pour garder de la souplesse si une route ferme.
Nos coups de cœur sur la route:
- Côte sud: Hôtel Kria à Vik – voir photos et disponibilité
- Près de Jökulsárlón: Fosshotel Glacier Lagoon – voir photos et disponibilité
- Fjords de l’est: Lake Hotel Egilsstadir – voir photos et disponibilité
- Lac Myvatn: Fosshotel Myvatn – voir photos et disponibilité
- Akureyri: Akureyri Berjaya – voir photos et disponibilité
- Snaefellsnes: Hôtel Hamar à Borgarnes – voir photos et disponibilité
- Voir notre article complet sur où séjourner en Islande en hiver.
15. Chasser les aurores boréales au volant
L’un des grands atouts du road trip, c’est de dormir loin des lumières de Reykjavik, donc d’avoir de meilleures chances de voir des aurores boréales. Mais rien n’est garanti: il faut un ciel dégagé et une forte activité solaire.
L’erreur, c’est de passer ses nuits à rouler sur des routes verglacées à leur poursuite, après une longue journée de conduite. Fatigue + obscurité + glace = mauvais cocktail.
Choisissez plutôt des hébergements à la campagne, dont beaucoup proposent un réveil en cas d’aurore visible, et sortez simplement à quelques pas de votre chambre. Et si vous voulez vraiment les chasser, laissez conduire quelqu’un dont c’est le métier: voir les différentes options de tours.
Et si conduire en hiver vous fait peur?
Ce n’est pas une erreur de renoncer au volant! Si vous n’avez jamais conduit sur la neige, nous vous déconseillons de commencer en Islande. Deux alternatives permettent de voir énormément de choses:
- séjourner à Reykjavik et réserver des excursions à la journée – voir nos préférées
- réserver un circuit guidé de plusieurs jours, comme ce tour de 8 jours en petit groupe, pour profiter des paysages sans stress
Notre checklist avant de prendre la route
- Vérifier Umferdin et vedur.is chaque matin
- Contrôler les pneus et faire le plein dès la moitié du réservoir
- Prévoir les trajets pendant la lumière du jour
- Garder une journée de marge dans l’itinéraire
- Tenir la portière, toujours!
Avec ces bons réflexes, l’Islande en hiver devient un road trip inoubliable. Pour préparer le reste, voir les attractions de l’Islande en hiver et notre guide de la Route 1 en hiver.
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